Viennent-ils rapatrier nos enfants?

Par Emile Hakizimana 

Sous une pluie battante, les jeunes acteurs jouant au théâtre pour le public de Jabe.

Sous une pluie battante, les jeunes acteurs jouant au théâtre pour le public de Jabe.

Dans sa série de descentes dans les communautés à la base, mercredi 24 décembre 2016 à 10 heures, l’Equipe de Campagne de Mobilisation des Jeunes de la Capitale Bujumbura pour la Paix (phase 2) était dans la Commune de Mukaza, Zone Bwiza, Jabe Q.3 au terrain de basketball.

Jabe est l’un des quartiers ayant très contesté le 3e mandat et la réélection du Président Pierre Nkurunziza. Des échauffourées y ont été enregistrées entre les jeunes et les éléments de la police et de cela depuis 2015.

Un accueil pas comme les autres

Contrairement aux autres visites de déjà effectuées ailleurs où sous une musique battante au rythme des messages de paix, une foule immense impatiente attendait l’arrivée des jeunes « Mobilisateurs et Bâtisseurs de Paix » des organisations de la Société Civile APD, RJA, APFB, ASFA et UJEDECO ; le cas de Jabe a prouvé le contraire. Des gamins jouant au ballon, des jeunes, adultes et vieillards rodant curieusement aux alentours tandis que d’autres jetant un coup d’œil à travers les portails et fenêtres de leurs maisons pour guetter se qui va se tramer dans leur cité. Pour les habitués de la place, ce comportement n’est pas un fait du hasard ; des traces de séquelles de la crise sociopolitique que vit le Burundi se manifestent encore par une peur panique au vue de tout étranger dans le quartier. Même la présence du policier assurant la sécurité autour de l’événement du jour suscite une curiosité à l’instar d’un visiteur inavoué ! « Qui sont-ils ? J’entends et vois qu’ils amènent des messages de  paix. Ce qui est une bonne chose mais ; viennent-ils rapatrier nos enfants dont on a plus de trace ? » ;  Avec amertume, un spectateur passif murmure à ses voisins.

Du théâtre communautaire pour tout débloquer

Dans un sketch ne dépassant pas 15 minutes, les jeunes garçons et filles acteurs triés sur base de leurs provenance politique, ethnique et de la société civile venus des zones voisines de Nyakabiga, Rohero et Buyenzi retracent et démontrent l’évolution de la crise au Burundi,  les malheurs qu’elle a occasionnés ainsi les rôle joué par tout un chacun. Les actions illicites des jeunes drogués, les brutalités policières, les emprisonnements, et la part de la Société Civile dans le rapprochement desdits protagonistes.

 La partie la plus intéressante a été en conclusion montrant un scenario où après un certain temps, les jeunes, les magistrats du tribunal et les agents policiers de la place se retrouvent dans une fête de joie pour célébrer l’après conflit ; une raison de plus se raconter des histoires de succès ou de vie, se pardonner mutuellement à se réconcilier durablement. Les dividendes d’une paix retrouvée se faisaient voir de par les cadeaux de luxe, les voitures de luxe, les walkmans,… échangés, apportés et portés le même jour. L’histoire étant très captivante, une foule immense venue de nulle part avait débordé le terrain de basketball ; malheureusement, c’était à la dernière minute !

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